Cette question ressemble à un sujet de philosophie tellement il vous semble compliqué d’y répondre ? Rien de plus normal lorsque l’on débute en yoga et que l’on souhaite être conseillé et souvent même, rassuré.

Le yoga…

Avec la montée en puissance des réseaux sociaux – à l’opposé de l’image du yogi qui médite calmement sur son tapis – l’imaginaire autour du yoga s’est transformé en quelque chose de très dynamique et physique. Une sorte de sport inaccessible au commun des mortels ! Il est très courant d’entendre des personnes protestaient que le yoga n’est pas fait pour elles : “c’est trop sportif ; je n’ai pas le niveau/pas d’équilibre ; je ne suis pas assez souple/pas assez fort ; j’ai des blessures/mal au dos/mal aux poignets” etc. Peut-être d’ailleurs vous serez-vous reconnu(e) ?
Dans ce cas, je voudrais vous rassurer immédiatement. Le yoga est bien fait pour vous !

… une philosophie de vie universelle et une discipline accessible à tous

Le yoga est une philosophie de vie qui vous aide à trouver l’harmonie entre corps, esprit et âme. Tout s’équilibre. Vous vous fondez petit à petit dans le monde qui vous entoure tout en sachant exactement qui vous êtes et pourquoi vous y êtes. Tout ne devient qu’un. Chaque jour, un peu plus, vous vous approchez de l’essence même du yoga, l’union entre votre Être (corps/esprit/âme) et l’Univers. Mais, il faut être honnête, tout le monde ne recherche pas cette unité Être/Univers ou en tout cas, n’en a pas conscience au début et encore moins dans des pays comme le notre où le dualisme* règne en maître. La plupart des personnes cherche à se relaxer, se détendre, s’assouplir, se dépenser, s’accorder une pause/un moment pour soi, se soigner, se (re)trouver, s’aimer… sans savoir que cela ne passe pas uniquement par la pratique des postures et surtout, sans savoir que la pratique des postures ne représente qu’une infime partie du yoga**.
Justement, parlons de la pratique des postures de yoga puisqu’il s’agit quand même du sujet de cet article. Elle est accessible à tous, il n’y a pas de capacités physiques particulières ni de niveau à avoir. Et surtout, ne faîtes pas de vos capacités physiques un niveau car cela ne veut rien dire. La seule chose à considérer est de trouver votre style à vous, en accord avec vos envies et en cohérence avec vos capacités physiques.
Mais vous n’êtes pas qu’un corps ! Vous arrivez sur le tapis avec un vécu et un bagage émotionnel. C’est là où vous en êtes de votre voyage avec vous-même, c’est votre EXPÉRIENCE. Elle détermine vos envies et besoins d’aujourd’hui et vous aide à concrétiser vos aspirations de demain. Et c’est principalement ce qui va vous emmener vers tel ou tel style. C’est ce qui va vous permettre de trouver et construire VOTRE PRATIQUE A VOUS.
Et si vous lisez cet article, c’est justement pour savoir par où débuter sur le tapis alors peu importe que vous ayez conscience ou non de ce qu’est vraiment le yoga et jusqu’où il peut vous emmener car vous le découvrirez en pratiquant. Et peu importe aussi les raisons qui vous conduisent à dérouler un tapis, sachez seulement que vous êtes exactement là où vous devez être en cet instant.

Construire sa pratique : choisir les style et niveau du cours

Choisir le style de yoga par lequel vous allez débuter passe avant tout par… CE DONT VOUS AVEZ ENVIE ! Et oui, c’est le premier et principal ingrédient dont vous avez besoin pour commencer à orienter votre choix. Laissez parler votre cœur, n’intellectualisez pas cette question en analysant quel style pourrait vous convenir en fonction de vos capacités, de vos blessures, de votre passé ou non de sportif, de vos peurs/doutes/questions… Laissez tout ça de côté et écoutez simplement votre cœur pour connaitre vos affinités pour tel ou tel style.
Ensuite, bien sur, nous pouvons aborder plus “techniquement” la question des différents styles par rapport à vos conditions actuelles et “buts” recherchés***.
Des personnes avec des prédispositions physiques mais une conscience de leur corps à développer, auront besoin d’apprendre les bases en toute sécurité pour ne pas griller les étapes. D’autres personnes, sans capacités physiques particulières, vont dérouler leur tapis en ayant déjà conscience de leur corps, elles le connaissent assez bien, ses forces et ses faiblesses, elles savent jusqu’où ce corps leur permet d’aller. Ces personnes auront besoin d’évoluer et d’aller plus loin.
Pour vous, qui n’avez jamais pratiqué ou très peu, et qui en êtes au tout début de votre voyage sur le tapis, quoiqu’il arrive, je vous conseille de démarrer par un premier cours débutant pour vous familiariser – en toute sécurité – avec ce qu’est le yoga et commencer ainsi – en prenant le temps – à prendre conscience de cette connexion entre corps/esprit/âme. Sur le tapis, vous commencez à ressentir votre corps tel qu’il est et laissez tomber petit à petit l’image limitante que vous en avez.
Quant au style à choisir… Je donne un avis en tant que professeure mais rien ne remplace votre propre expérience, vous êtes unique, je le répète car c’est vraiment essentiel. Toutefois, je peux conseiller de démarrer par du hatha et/ou du yin pour acquérir des bases accessibles et solides. Comme expliqué dans le descriptif, vous pouvez prendre le temps ici pour comprendre les instructions et les réaliser en toute sécurité. Vous bénéficiez de temps de pause réguliers pour vous restaurer et intégrer pleinement les bienfaits de chaque posture. Quant au vinyasa flow, plus ou moins dynamique (les postures défilent plus ou moins rapidement, les temps de pause sont moins nombreux qu’en hatha), il demande une certaine connaissance de l’alignement des postures, au moins celles les plus récurrentes comme le cobra ou le chien tête en bas par exemple. Et il faut bien faire la différence entre connaissance de l’alignement correct et l’exécution même de la posture. Pas besoin de savoir FAIRE la posture ! Cela se travaille avec la pratique, mais connaitre les instructions d’un alignement correct, vous permet de ne pas focaliser toute votre attention sur la réalisation de la posture au détriment de la connexion avec le souffle et des ressentis corporels.

Dans tous les cas, ESSAYER est la clé pour entamer votre voyage.

C’est impossible, dit la Fierté – C’est risqué, dit l’Expérience – C’est sans issue, dit la Raison – Essayons, murmure le cœur !
– William Arthur Ward

Venez à la découverte du yoga mais aussi et surtout de vous-mêmes : se (re)découvrir, s’accepter et s’aimer tout entier, pour enfin, parvenir à être soi-même. Être soi par le yoga. BE YOG’SELF.

* Le dualisme veut que le corps et l’esprit, le matériel et le spirituel, l’Homme et l’Univers soient des choses complètement distinctes et même opposées. Pourtant, ces choses sont en réalité totalement liées et complémentaires, les unes ne pouvant exister sans les autres. En France, notre médecine dite moderne qui rejette les médecines alternatives (médecine traditionnelle chinoise, acupuncture, hypnose, sophrologie, aromathérapie, phytothérapie, jeûne, etc.) en est l’expression la plus évidente alors que chez nos voisins allemands par exemple, ces médecines sont beaucoup plus reconnues et ancrées. 

** Le yoga est un tout qui compte 8 branches : 1/Les disciplines relationnelles/morales (yama); 2/Les disciplines personnelles/purificatrices (niyama); 3/La pratique quotidienne des postures (asana); 4/La respiration contrôlée (pranayama); 5/La discipline sensorielle/détachement (pratyahara); 6/La concentration (dharana); 7/La méditation (dhyana); 8/L’éveil spirituel, l’Union (samadhi).

*** Je n’aime pas parler de “buts” en yoga  – et même dans la vie – car je considère que se fixer des objectifs est parfois le meilleur moyen de se limiter. Je m’explique. Lorsque l’on reste fixé sur un objectif bien déterminé, on se borne avec un chemin bien précis à suivre et une destination à atteindre, on essaie de tout contrôler pour y parvenir et si nous n’y arrivons pas ou pas assez, nous pouvons être déçus, frustrés et parfois même démotivés. Et même lorsque l’on réussit, la sensation de réussite est très éphémère. Si au contraire, on parle d’intentions, ce n’est plus un chemin précis à suivre, mais une direction à choisir, laquelle est accessible par tout un tas de chemins ! Les possibilités sont nombreuses, on ne se limite pas, on ne contrôle rien au contraire on lâche prise et on se laisse porter, simplement en gardant en tête cette direction. Lorsqu’un chemin se ferme, un autre s’ouvre. Finalement, l’horizon est toujours dégagé même s’il est parfois, il faut le dire, difficile à percevoir. Et comme la direction est infinie, c’est quelque chose qui ne s’arrête jamais, tant qu’on la suit, on a ce sentiment de “réussite” permanente. Et on se rend vite compte qu’en fait ce n’est pas un sentiment de réussite, mais tout simplement le bonheur.

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